lundi 5 mai 2008

Igor

Russe.
35 ans.
Spécimen caractéristique de nouveau riche.
Bell & Ross. Dior. Mont Blanc.
Dans une main l'amex sifflante, dans l'autre, Tatiana.
Tatiana est très belle, très blonde, une véritable gravure de mode et accuse facilement 10 ans de moins que toi.

Las des températures négatives de Moscou en ce début de Mai, tu décides de profiter du printemps parisien.
Vous descendez au Plaza où vous vous délectez de caviar à chaque repas, depuis une petite semaine.
L'ironie de la vie, n'est-ce pas.
Mais finalement, tu satures un peu des oeufs d'esturgeons et puis il fait si beau en ce dimanche, pourquoi ne pas faire quelques centaines de mètres pour déguster des huîtres à une terrasse ensoleillée?
Pour changer.
Mais tu admettras que les huîtres, tu maîtrises beaucoup moins.
Alors, quand ton assiette arrive, sans te départir de cette attitude noble qui te caractérise, tu empoignes la petite fourchette dont tu te doutes qu'elle est faite pour ça, (tu comprends pas bien pourquoi puisque tu en as déjà une, plus grande, bref) pour piquer dans la chair grise nacrée. Cette saloperie de mollusque se déchire, tu n'en extirpes pas même la moitié, affiche malgré tout ton plus beau sourire tout en mâchant longuement ta bouchée mi-visqueuse, mi-craquante.
"дерьмо, comment font les français pour bouffer un truc pareil, sans parler des bouts de coquille qui viennent avec le reste, même le packaging est foireux!" sembles-tu penser, les narines dilatées.
Puis tu constates qu'il reste encore cinq autres exemplaires à liquider pour faire honneur au plat.
Analyse de la situation. Inventaire: Pain de seigle. Vinaigre à l'échalote. Epaisse couche de gros sel imbibé d'eau de mer sous les bestioles.
Soudain, tu te trouves bien élitiste à vouloir manger tes huîtres nature alors que tu disposes de tant d'ingrédients qui pourront en masquer le goût.
L'iode ça te connaît, tu optes pour le gros sel.
Tu n'es pas très sûr de ton coup, là mais Tatiana te couve d'un regard d'amour qui t'enhardit.
Te voilà en train de saupoudrer généreusement tes Gillardeau , tu piques, pas mécontent cette fois d'en laisser une bonne partie au passage. Evidemment que c'est immangeable, tu t'en doutais, mais au moins tu prouves à la serveuse qui te mate depuis le début avec un large sourire que tu es un fin amateur de la gastronomie locale.

Ah, mon Igor...la serveuse c'était moi et j'ai passé un délicieux moment grâce à toi!

Je crois qu'entre ça et, quelques temps auparavant, l'huile d'olive sur le foie gras -version américaine, celle-là-, comme disait Thierry Roland un certain 12 juillet 98: "Après avoir vu ça, on peut mourir tranquille."

vendredi 2 mai 2008

N'importe quoi

Tout a commencé hier soir ou plutôt ce matin puisqu’on était déjà aujourd’hui.

Au terme d’une soirée arrosée, passée à errer de bars en bars du côté de Montparnasse alors même que je portais mes bottes rouges: Chinées. Vintage. Sublimes. Hautes. Très hautes. Avantageant la démarche qui était la mienne après 10 heures à les porter et quelques grammes de joyeux alcool dans le sang. Ridicule. Peu importe. On a dit que tout commençait après ça.

Dernières tentatives aux portes des établissements de nuit. Refoulés. Nous choisissons l’option la plus sage, celle de se résigner à aller taper à la seule qu’on ne nous claquera pas en pleine figure. Taxi.

Réveillée à 11h, toujours ce putain de sabotage nocturne que je m’inflige, c’est-à-dire qu’un jour j’ai décidé très fort de ne dormir que cinq heures par nuit. Oui, comme si j’avais un bébé braillard, ou des travaux dans l’appartement d’à côté, ou le périph sous mes fenêtres. Sauf que non, juste moi et mon cerveau défaillant y arrivons parfaitement. Mon médecin dit que c’est un signe d’anxiété, j’ai envie de lui répondre que et encore il ne m’a pas vu tirer sur mes Merit.

J’ouvre les yeux, mes neurones se remettent en marche et mon estomac aussi. Petit déj. Internet. Ah, non, on me fait signe que Internet, non. Petit déj sans Internet. Perspective de journée sans Internet.

Retour dans le lit à la recherche de la peau brûlante et froissée de l’Homme. Est-ce que j’ai vomi en rentrant? Non. Pourtant je n’ai mal ni au ventre ni à la tête. Tiens, c’est étrange, je ne me souviens plus comment je me suis faite cette écorchure sur le pouce, là, mais là, regarde, que j’ai même dû saigner sur le coup. Houlà, mais oui, tu es passée sous un camion ou quoi? L’Homme me fait rire. C’est son boulot d’antidépresseur naturel. Sans prévenir c’est le moment qu’a choisi le sommeil pour me la faire à l’envers. Me tomber dessus à bras raccourcis.

Merde. Alors c’est ça les premiers signes de vieillesse? Plus besoin de Diantalvic pour chasser les petites abeilles de ma tête, rien. Et maintenant mon cerveau défaillant qui m’impose une sieste post-petit-déj-sans-internet. Je suis foutue. Raccourcissement significatif voire disparition des manifestations de maux de tête, ventre et autres vertiges et rallongement du besoin d’heures des sommeil. Oui, je gère l’après-cuite comme une vraie alcoolique et n’arrive plus à me remettre en selle après une presque-nuit blanche. Foutue.

Pendant que mon cerveau défaillant me transportait dans le passé puisque j’avais 15 ans, dans une maison immense avec piscine intérieure où je barbotais avec ma meilleure amie de l’époque, Steph, il eut la bonne idée d’inclure dans mon rêve ce réveil formidablement désuet et énooooorme qui annonçait 20h et donc que j’étais en retard au boulot. Je me mettais à engueuler les présents qui n’avaient même pas été fichus de me prévenir de l’heure, que merci grâce à eux j’allais me prendre une soufflante. Pas mon genre pourtant.

Et puis je me suis réveillée. 15h. Même pas en retard.

Et j’ai eu envie d’ouvrir ce blog.